Et si l’on pouvait investir dans une série TV comme on investit en bourse ? C’est désormais une réalité. ACE Fund vient de réaliser une première mondiale : la tokénisation d’un catalogue complet de séries déjà diffusées, permettant aux investisseurs de percevoir directement une part des revenus générés par des diffuseurs comme Arte ou Canal+. Une innovation qui pourrait transformer en profondeur le financement de l’audiovisuel.
Pourquoi un catalogue de séries TV ?
« C’est la première fois qu’un catalogue complet de séries TV déjà diffusées est tokénisé, permettant aux investisseurs de percevoir directement une part des revenus de diffusion », explique Grégory Montfort, cofondateur d’ACE Fund.
Le choix des séries n’est pas anodin. Contrairement à un film unique, dont la rentabilité dépend souvent d’un succès immédiat, les catalogues de séries constituent un actif plus stable et prévisible, grâce à des contrats pluriannuels et renouvelables. Résultat : un modèle qui limite le risque et offre une rentabilité plus régulière.
Une prouesse technologique et juridique
Tokéniser des œuvres culturelles ne s’improvise pas.
« Le principal défi a été de traduire juridiquement un droit d’auteur en un actif numérique tokénisé, tout en respectant la législation européenne », souligne Grégory Montfort.
ACE Fund a opté pour le standard ER1400, un jeton de sécurité pensé pour représenter des actifs financiers réglementés. Contrairement à un jeton utilitaire classique, il intègre des règles de conformité (KYC, restrictions de transfert, reporting) directement dans la blockchain. Un choix qui garantit sécurité et transparence : les revenus encaissés sont enregistrés et redistribués automatiquement, sans intermédiaire opaque.
Rendements et profils d’investisseurs
Le projet attire une grande diversité d’investisseurs : particuliers curieux, business angels et passionnés de cinéma.
La promesse est séduisante :
- 25 % de rendement dès 2025, fondés sur des contrats de diffusion déjà en cours avec Arte et Canal+,
- jusqu’à 30 % dès 2026 avec la sortie de la saison 2 de Déclics.
« Ces rendements ne reposent pas sur des paris hasardeux, mais sur des revenus existants et prévisibles », précise Grégory Montfort
Le risque reste présent – perte d’intérêt du public, non-renouvellement d’un contrat – mais il est dilué sur plusieurs séries et plusieurs diffuseurs.
Vers un nouveau modèle pour le cinéma
Pour ACE Fund, cette initiative n’est qu’un début. « C’est une manière beaucoup plus transparente et démocratique de financer les contenus. Je pense que dans 5 à 10 ans, une part importante du financement audiovisuel passera par la tokénisation « .
Les séries et catalogues sont aujourd’hui les projets les plus adaptés, mais demain, même les blockbusters pourraient ouvrir une partie de leur financement au grand public.
« À terme, chacun pourra investir quelques centaines d’euros dans sa série préférée comme il achète des actions d’une entreprise. »
De Cannes aux Oscars : la reconnaissance internationale
L’écosystème audiovisuel regarde cette innovation avec intérêt.
« Le CES nous a donné la reconnaissance tech, Cannes, la reconnaissance artistique. Aujourd’hui, des réalisateurs et producteurs nous écoutent et voient dans la blockchain une solution pour financer leurs projets plus vite et avec plus de liberté. »
Prochaine étape : une présentation à l’Académie des Oscars, aux côtés de la réalisatrice oscarisée Euzhan Palcy. Une validation symbolique forte, qui pourrait ouvrir la voie à un futur inédit : celui d’un film oscarisé financé en partie grâce à la tokénisation.
Avec cette première mondiale, ACE Fund ne se contente pas d’innover : l’entreprise redessine les contours du financement culturel. En permettant aux investisseurs de participer directement aux revenus de diffusion des séries, elle introduit un modèle plus inclusif, transparent et rentable. Une initiative qui pourrait bien devenir un standard de l’industrie audiovisuelle.